Jeudi 3 décembre 2009
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18:37
Sortie: 29 Septembre 1998
Label: Roc-a-Fella/ Def Jam
Producteurs: DJ Premier, Swizz Beatz, Timbaland, Stevie J, The 45 King, Erick Sermon, Irv Gotti, Jermaine Dupri, Kid Capri, Damon Dash, J-Runnah, Lil' Rob, Darold Trotter, Mahogany
Auteur d'un classique intemporel dès son premier album, Jigga a depuis entrepris de se lancer dans une trilogie. Le premier volet
In My Lifetime s'est malheureusement avéré peu convaincant
à cause de sa trop grande orientation cross-over. L'annonce de la sortie du deuxième volet prête donc au scepticisme. Aura t'on droit à un retour aux sources avec un album aussi merveilleux que
Reasonable Doubt ou continuera t'il son virage Jiggy amorcé dans le premier volet de la trilogie? Ce sont ces interrogations qui planent quand sort enfin
Vol. 2...Hard Knock Life
.
Autant le dire tout de suite. Ceux qui espéraient un nouveau
Reasonable Doubt furent déçus. Jay semble vouloir tourner la page une bonne fois pour toutes et s'ouvrir à de nouvelles
sonorités. Résultat des producteurs du premier opus, seul
Irv Gotti est rappelé.
Ski et
Clark Kent sont allègrement écartés du projet. Quand à
DJ Premier il ne signe que
l'intro sur laquelle le petit protégé de Jay,
Memphis Bleek est le seul à poser. Un comble! Mais qu'importe, Hova s'ouvre enfin les portes du succès commercial avec le tube
Hard Knock
Life magistralement produit par
The 45 King (qui signera un deuxième braquage plus tard avec le
Stan d'
Eminem). Ce sample de la comédie musicale
Annie séduit
direct avec son refrain chanté par des voix d'enfants et assure presqu'à lui tout seul la popularité de cet album. Un autre tube
Can I Get A... combinaison avec
Ja Rule (alors
inconnu du grand public) et sa protégée
Amil fait l'unanimité dans les clubs et le propulse direct dans le peloton de tête des gros vendeurs. Il peut également compter sur la bonus track
Money ain't A Thing, duo Jiggy avec
Jermaine Dupri pour séduire le grand public.
Cet opus marque également les débuts de ses collaborations avec deux monstres sacrés de la production:
Swizz Beatz et
Timbaland. Le producteur attitré des
Ruff Ryders lui livre
trois sons hauts en couleur: l'entrainant
If I Should Die, une suite au
Coming Of Age du premier album mais surtout la bastos
Money, Cash, Hoes à la boucle entêtante
rehaussé par un couplet et des adlibs de
DMX (alors en pleine gloire lui aussi). Une des tueries du disque. Timbo n'est pas en reste lui non plus se fendant d'un
Nigga What, Nigga
Who terriblement hypnotique sur lequel Hova et son mentor
Big Jaz (rebaptisé depuis
Jaz-O) accélèrent leur débit (un exercice de style plus que réussi d'ailleurs) ainsi que
de
Paper Chase, nouvelle collaboration probante avec
Foxy Brown. Les autres producteurs ont plus de mal à se mettre en lumière. En tant que seul rescapé des
Bad Boy Hitmen
conviés sur l'album précédent, Stevie J s'en tire plutôt bien avec un
Ride Or Die très convaincant (notons au passage qu'aucun sample ne fut utilisé pour ce morceau, chose plus que rare
pour un Hitmen), mais c'est bien plus difficile pour
Kid Capri et
J-Runnah qui semblent en retrait (il faut dire aussi que Jay-Z est moyen sur leurs titres).
Erick Sermon lui
se contente d'utiliser la plus-que-grillée boucle de
Theme From Shaft d'
Isaac Hayes pour le Posse Cut
Reservoir Dogs (avec
The Lox,
Sauce Money et le new
comer d'alors
Beanie Sigel), un titre heureusement aussi sanglant que son référant. Dans ces circonstances
It's Alright apparait presque terne.
Cet album connaitra un énorme succès commercial (plus de cinq millions de copies écoulées rien qu'aux Etats-Unis) et lui vaudra la reconnaissance de l'industrie musicale vu qu'il recevra un grammy
(le premier de sa carrière). Malheureusement il achèvera de diviser ses fans. Les critiques seront plus que contrastées. Si certaines rédactions comme celle de
The Source se sont voulues
plutôt indulgentes (il obtiendra la note de 4.5 mics quand même), beaucoup ont critiqué son côté trop "commercial". Si Jay-Z reste toujours aussi efficace au micro (une constante avec lui), et fait
preuve d'une capacité à faire des hits aussi bien dancefloor que street, son virage mainstream n'a pas été du coup de tous. C'est cependant avec ce disque qu'il accèdera au statut de star
incontestée et de locomotive du rap US.
16/20